Comprendre les enfants des rues
À Antsirabe, certains enfants vivent, dorment ou survivent dans la rue. Derrière chaque situation, il y a une histoire de rupture, de précarité, de violence parfois, mais aussi la possibilité de reconstruire un parcours.
Un enfant n'est jamais "un enfant de la rue" par choix
La vie dans la rue est souvent le résultat d'un enchaînement de ruptures : pauvreté extrême, violences intrafamiliales, abandon, décès d'un parent, séparation, négligence, échec scolaire, absence de protection ou impossibilité pour la famille de répondre aux besoins essentiels. La rue peut alors devenir un refuge temporaire, un espace de survie, mais elle expose très vite les enfants à de nouveaux dangers.
Trois réalités, trois accompagnements différents
Enfants de la rue
Ils vivent et dorment dehors, souvent en rupture familiale durable.
Enfants à la rue
Ils vivent une situation de rupture temporaire ou répétée, avec des allers-retours entre la rue, la famille ou d'autres lieux d'accueil.
Enfants dans la rue
Ils passent une partie de leur journée dans la rue pour travailler, mendier ou chercher de quoi survivre, mais peuvent rentrer chez eux le soir.
La rue bouleverse les repères
Le rapport au temps
Les rythmes de sommeil, de repas, d'école et de soins disparaissent peu à peu.
Le rapport à l'espace
Certains lieux deviennent des territoires de survie : marchés, trottoirs, ponts, bâtiments abandonnés.
Le rapport aux autres
Les enfants peuvent dépendre de groupes, de rapports de force ou de figures de protection parfois ambivalentes.
Le rapport au corps
La douleur, la fatigue, la faim ou la maladie peuvent devenir banales. Retrouver le soin, l'hygiène et la dignité est une première étape de reconstruction.
Des enfants exposés à des risques multiples
L'absence de papiers d'identité est l'un des freins les plus importants à la protection d'un enfant. En 2025, 52 démarches administratives ont été accompagnées et 22 CIN ou actes de naissance ont été obtenus, permettant à des enfants de retrouver une existence légale et d'accéder à l'école, aux soins et à une protection durable.
Revenir à l'école
demande du temps
Pour un enfant qui a vécu dans la rue, le retour à l'école ne peut pas toujours être immédiat. Il faut parfois d'abord retrouver un rythme, un lieu sûr, une alimentation régulière, une relation de confiance, des papiers d'identité, un accompagnement éducatif et un lien familial ou social stabilisé.
On ne sort pas de la rue en une nuit
C'est pourquoi Grandir Ailleurs agit étape par étape : aller vers les enfants, créer un lien de confiance, protéger, nourrir, soigner, écouter, accompagner les démarches administratives, soutenir la famille lorsque c'est possible, préparer le retour à l'école, à la formation ou à l'autonomie.