La Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) a été adoptée par l’Assemblée Générale des Nations unies le 20 novembre 1989 : c’était il y a 30 ans.  

Aujourd’hui, 197 États ont ratifié la CIDE : c’est le traité relatif aux droits humains le plus largement ratifié de l’histoire ! Une Convention juridiquement contraignante pour les États signataires, qui s’engagent à défendre et à garantir les droits de tous les enfants sans distinction – et à répondre de ces engagements devant les Nations Unies.

 L’objectif de la CIDE ?

➡ Affirmer les droits spécifiques des enfants et les faire respecter.

Ce texte fondateur des droits des enfants fédère les États autour d’une même volonté : celle d’assurer la protection des mineurs et de les reconnaître comme sujets de droits, grâce à un ensemble de principes et d’obligations reconnus de façon universelle.

 Le saviez-vous ?

Seuls les États-Unis n’ont pas encore ratifié la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ! 

En 1989, les États-Unis refusent de s’engager sur le sujet de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant car plusieurs de ses États n’ont toujours pas aboli la peine de mort pour des crimes commis par des mineurs. De plus, de nombreux lobbies, soutenus par le sénateur Jesse Helms, défendent l’idée que cette convention retire aux parents leurs droits sur leurs enfants.

Les États-Unis signent la CIDE en 1995, mais il faut savoir que « la signature est un simple engagement politique. La ratification implique, elle, la mise en œuvre de cette convention, en mettant en place des services, en adoptant certaines mesures, en faisant appliquer les dispositions de la convention devant les juges. »

En 2003, les États-Unis font connaître leur désir de ratifier la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, tout en déposant une réserve sur l’article 37 qui condamne le recours à la peine de mort contre les enfants. En effet, actuellement 25 États conservent la peine de mort applicable à des mineurs.

Deux ans plus tard, les États-Unis abolissent enfin la peine de mort contre les mineurs. Mais ne ratifient toujours pas le CIDE.

Des droits spécifiques pour les enfants

Dans tous les pays du monde, des enfants vivent dans des conditions difficiles ; ces enfants méritent une attention toute particulière puisqu’ils n’ont ni les capacités ni la possibilité de se protéger seuls.

L’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux. Notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance.

Cette protection spéciale a été énoncée dans la Déclaration de Genève de 1924 sur les droits de l’enfant et reconnue dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Avec la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, l’enfant n’est plus seulement un être à protéger, il devient aussi un sujet de droits (d’ordre civil, économique, social ou culturel). Un enfant est un être humain à part entière, ce qui implique des droits et des responsabilités adaptés à son âge et son développement.

Tous les enfants, “sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation”doivent pouvoir s’épanouir dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension.

Et ceci, en tenant compte des traditions et valeurs culturelles de chaque peuple ; et de l’importance qui leur est accordée dans la protection et le développement harmonieux de l’enfant.

Et à Madagascar ?

À Madagascar, pays dans lequel nous soutenons des projets de protection de l’enfance vulnérable depuis plus de dix ans, la situation de nombreux jeunes Malgaches demeure critique.

Selon les chiffres de la Banque mondiale, plus de 90% des Malgaches vivent avec moins de deux dollars par jour et les enfants ne sont, bien sûr, pas épargnés.

Bien que Madagascar ait ratifié la CIDE, bon nombre des droits énoncés sont encore bafoués aujourd’hui : beaucoup d’enfants n’ont pas encore d’acte de naissance, n’ont pas d’accès à l’eau potable, ne vont pas à l’école (selon la Banque mondiale, un quart des enfants malgaches de 5 à 17 ans sont obligés de travailler), ne bénéficient pas de soins médicaux et subissent des violences de tout genre.

De plus, selon l’Unicef, ils seraient environ deux millions à souffrir de malnutrition.

le droit de vivre en famille, d’être entouré et aimé

le droit d’avoir un nom, une nationalité, une identité 

le droit d’être soigné, protégé des maladies et de la malnutrition 

le droit à l’éducation

le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation

le droit à un niveau de vie suffisant

le droit de ne pas faire la guerre, ni la subir 

le droit d’avoir un refuge et d’être secouru

le droit de jouer et d’avoir des loisirs

le droit à la liberté d’expression et de pensée

30 ans plus tard

Trois décennies ont passé et des millions d’enfants, en France, à Madagascar et partout dans le monde, n’ont toujours pas accès à leurs droits. La mise en application des droits de l’enfant représente un immense défi : celui de les porter à la connaissance de tous les enfants ; et celui de les protéger et de les faire respecter.

La Journée mondiale de l’enfance, célébrée le 20 novembre, est une journée d’action mondiale “pour les enfants, par les enfants”. L’occasion de rappeler que chacun peut agir à son échelle : devenir bénévole, donateur, informer les enfants de leurs droits et tout simplement rester attentif autour de soi pour éviter toute violation des droits de l’enfant.

À travers ses projets de protection de l’enfance vulnérable,
Grandir Ailleurs s’engage pour les droits des enfants.

La Convention Internationale des Droits de l’Enfant a 30 ans !