Arsène, c’est un sourire ambulant. Il est l’un des éducateurs du Programme de Protection des Enfants des Rues (PPER) pour Grandir à Antsirabe depuis 2017, et également responsable du Centre d’Hébergement Temporaire qui accueille les enfants de la rue de 8 à 16 ans.
Arsène, comment vois-tu ton travail ?
Selon moi, l’éducateur a pour rôle d’aider nos bénéficiaires et de leur offrir une éducation pour leur ouvrir les portes de la réussite et d’un avenir meilleur. Je veux donner des repères, un cadre à ceux qui n’en ont pas.
Tu es responsable du CHT : tu gères l’équipe éducative, les activités quotidiennes avec les enfants, les intervenants (médecins, artistes…), la logistique. Tu es aussi responsable du suivi des dossiers des bénéficiaires, des données récoltées… Ce qui permet à la fin de l’année d’avoir des statistiques fiables pour mieux comprendre et faire évoluer, si besoin, nos projets. Tu travailles toujours en lien avec Noro, la responsable du PPER. Sacré travail !
Et, en plus de tout ça, deux fois par semaine, tu accompagnes l’Équipe Mobile d’Aide :
Pendant les maraudes, j’organise des jeux à travers lesquels je peux transmettre des conseils et des messages à nos enfants. C’est l’occasion d’en connaître davantage sur eux, de récolter des informations sur leur passé et leur situation. Nous sommes là pour les écouter, les réconforter quand ils en ont besoin.

Tu es aussi très lié à l’équipe d’Accompagnement Social…
Grâce à ma participation aux maraudes et mon rôle de responsable du CHT, je connais tous les enfants : je peux donc faire remonter à l’équipe AS les besoins sur les situations individuelles. Il faut parfois que l’équipe AS intervienne à domicile chez une famille, ou qu’elle accompagne un enfant à l’hôpital s’il est malade.
Pourquoi as-tu choisi de travailler pour les enfants des rues ?
J’ai effectué ma formation chez les prêtres de Don Bosco Ivato (Centre Notre-Dame de Clervaux) pour obtenir mon diplôme d’éducateur-animateur. La structure accueillait de jeunes garçons avec lesquels je travaillais. C’est devenu alors une évidence pour moi de consacrer mon énergie aux plus jeunes et aux plus démunis. Ce que j’apprécie le plus dans mon travail, c’est d’imaginer des dispositifs de sensibilisation à destination de nos publics.
Peux-tu raconter un souvenir qui t’a particulièrement marqué au sein de l’association.
En mars dernier, tout le personnel s’est retrouvé à la cascade d’Isandra pour partager ensemble un moment convivial. C’était la première fois que je participais à une sortie d’équipe et cela m’a un peu destabilisé au départ. Je n’ai pas l’habitude de voir mes collègues en dehors du cadre professionnel. Finalement pendant cette journée, j’ai appris à connaître des gens, à découvrir leur personnalité, ce qui facilite mon travail d’équipe aujourd’hui.
Que souhaites-tu à l’association ?
Que l’équipe continue dans cette dynamique. Que l’association devienne un modèle pour d’autres, et que nous devenions encore plus grands en unissant nos forces avec d’autres associations.
Portrait chinois…
Si tu étais un animal ?
Je serais un chien car il aboie souvent comme moi qui bavarde beaucoup.
Si tu étais un héro ?
Sans hésiter, je réponds Nelson Mandela. C’est un modèle pour beaucoup. Cet homme a concrétisé de grandes choses, s’est battu pour des causes sensibles et a consacré toute sa vie à rendre le monde meilleur. J’essaie de suivre la même voie à ma propre échelle. Si lui peut le faire, moi aussi !
Une chanson ?
Je serais un Hira Gasy. C’est une tradition musicale à Madagascar qui, pour moi, conserve la sagesse et la culture du pays. J’aime beaucoup !
Une chanson ?
Celle de Francis Cabrel (en chantonnant) : je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai…
Un film ?
« Un commando » : loin de mon côté romantique, certes, mais je veux me battre pour les bonnes causes.
Un objet ?
Je choisirais une maison pour son côté convivial et sécuritaire. On s’y rassemble pour partager, se reposer, y trouver de la chaleur et de la paix.
Une qualité et un défaut ?
Je suis gentil mais peux me mettre rapidement en colère quand une injustice se produit devant mes yeux.
Un dernier mot ?
Je félicite mon équipe pour tout ce que l’on a réalisé ensemble et je suis ravi de poursuivre l’aventure pour ce qu’il reste à concrétiser. Les résultats d’aujourd’hui sont prometteurs pour notre futur.
Merci à Marion Fras pour avoir recueilli ces propos.
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