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Fraîchement arrivée en décembre 2018, Pamella est la nouvelle responsable communication de l’association locale Grandir à Antsirabe. En charge de l’image de l’association, son poste est multi-casquettes : gestion des évènements, création des supports de communication, développement des partenariats… Découvrons le portrait de cette jeune femme dont on ne peut oublier le rire éclatant !

 Salama Pamella ! Raconte-nous ton parcours avant d’intégrer Grandir à Antsirabe.

J’ai terminé mes études à Tana l’année dernière, à l’Ecole Supérieure d’Information et de Communication, en parcours communication sociale. Ce poste est mon tout premier !

 Félicitations ! Et alors pourquoi as-tu choisi Grandir à Antsirabe ? Un hasard, tu cherchais un travail dans l’associatif particulièrement ?

Oui, étant donné que je me suis spécialisée en communication sociale, j’ai orienté mes recherches vers les ONG. Mais ce poste, c’est une vraie chance : jamais je n’aurais pensé trouver un travail comme celui-ci ici, à Antsirabe. Je suis tombée sur l’offre au hasard de mes recherches et quand je suis allée faire un tour sur le site internet de Grandir à Antsirabe, ça m’a plus que motivé à postuler !

 Cela fait donc 4 mois maintenant que tu travailles pour l’association : comment vois-tu ton travail, quelles sont tes principales missions ?

Je supervise l’ensemble de nos supports de communication : l’animation du site internet et de la page Facebook, la rédaction d’articles et leur traduction français-malgache, la mise à jour de nos outils. C’est ce que je préfère dans mon poste. J’organise aussi les évènements de l’association et j’anime la sensibilisation des voyageurs Grandir Aventure et Grandes Latitudes qui rencontrent l’association.

Je gère aussi la communication interne. Donc je dois être au courant de tout ce qu’il se passe a l’asso, pour le communiquer en interne à l’équipe et en externe au grand public et aux partenaires. Car je suis aussi responsable partenariats, c’est un sujet tout nouveau pour moi ! Pour l’instant, je n’en ai vu que la théorie à l’école, je me sens moins à l’aise que sur le reste. D’autant que Grandir à Antsirabe doit aujourd’hui chercher ses propres partenaires : c’est un vrai défi. Mais je m’y mets petit à petit et je suis accompagnée par Claire, Mathilde et Tsitoha, cela me rassure.

Et pour mener à bien tout cela, je suis épaulée de Faranah, chargé audiovisuel et de Nandrianina, chargée de sensibilisation, que j’encadre. Même si je suis débutante, cela se passe très bien, ils sont super !

 Eh bien, cela en fait des missions ! Tout à l’heure, tu disais qu’il fallait avoir une vision sur tout, à ton poste : selon toi, quelle est la principale qualité à avoir ?

Je dirais la curiosité. Il faut toujours aller à la pêche aux infos, à la rencontre des gens, les faire parler sur ce qu’ils font et ne pas attendre qu’ils viennent à toi ; et être à l’écoute de tout.

 Sur ces quelques mois, as-tu un souvenir/une anecdote au sein de Grandir à Antsirabe qui t’a marquée ?

Mon tout premier jour, lors de ma sensibilisation sur les enfants des rues. Ces enfants, je les croise dans la rue, au marché, mais je n’ai jamais eu conscience, auparavant, des situations qu’ils peuvent vivre. Le jeu de rôle et la vidéo du slam m’ont profondément émue et marquée. Cela m’a d’autant plus motivée de savoir que je peux apporter quelque chose à ces enfants : je sais pourquoi je suis là. C’est aussi pourquoi j’ai choisi la filière communication sociale, durant mes études : voir comment la société fonctionne, avec tous ses problèmes, m’a donné envie de m’engager pour défendre de belles causes.

Portrait chinois…

 Si tu étais un animal ?

Un caméléon, car, comme lui, je peux me fondre dans toute situation. Et quand il marche, il fait un mouvement de tête en avant, comme pour tâter le terrain avant d’avancer. Alors que moi, naturellement, je fais le contraire : je plonge direct ! Mais en ce moment, je m’efforce de davantage observer avant de foncer !

 Une qualité/un défaut ?

Je suis tellement têtue ! C’est d’ailleurs pour cela que je fonce, j’ai du mal à écouter les ordres. Et pour la qualité, mon entourage me dit que je suis responsable.

  Une chanson ?

Une chanson malgache traditionnelle qui s’appelle « angola vaitra », j’aime la mélodie et le jeu de mots utilisé dans le titre. C’est une vieille expression qu’on n’emploie plus du tout, surtout chez les jeunes : « angola », on n’utilise pas ce mot très souvent, ça veut dire le charme ; et avec « vaitra », on pourrait traduire le titre comme « très très charmant ».

  Un film ?

La trilogie du Seigneur des Anneaux. J’adore l’ambiance et le côté mythique du film, le courage de Frodon avec l’anneau, la notion d’amitié, d’entourage… En fait j’adore ce film, je ne sais pas expliquer comment, c’est un tout !

  Un objet ?

Le livre. J’adore lire, ça m’aide vraiment à m’évader, je plonge dans le livre et je vis dedans. Et il permet d’apprendre beaucoup de choses.

  Une devise, une citation ?

« Connais-toi toi-même ». Je crois que l’on a tous des trésors en soi, au plus profond, dont il faut vraiment prendre soin. Parfois, je perds confiance en moi, mes repères : mais quand je repense à ce que j’ai fait avant, ça va mieux. C’est très important de se connaître et se rappeler de sa valeur pour affronter les moments plus difficiles.

 Un péché mignon ?

Quand je regarde une série, je ne peux plus m’arrêter et même si la série ne me plaît pas ! Parfois, même souvent, je ne dors pas de la nuit pour finir une série… Je suis complètement addict !

 Un héros ?

Oh la la, alors ça, je ne sais pas du tout !

 Ta plus grande fierté ?

Depuis le collège, je sais que je veux faire de la communication. J’ai passé le concours à l’université publique, mais je ne l’ai pas réussi. J’ai trouvé une université privée mais mes parents m’ont dit que c’était trop cher pour eux car j’ai d’autres frères et sœurs, il fallait aussi payer leurs études. Mais je voulais vraiment faire cette école et quand j’aime quelque chose, je fonce ! Alors j’ai travaillé le week-end et pendant les vacances pour contribuer à financer mes études, malgré un emploi du temps très serré. A la fin de mon cursus, j’ai eu une très bonne note pour mon mémoire et les félicitations : donc je peux vraiment me dire que je suis une « grande fille », j’ai réussi à mener de front les études et le travail et ça, j’en suis fière !

 Et tu peux, tu as été têtue mais responsable ! Combien de frères et sœurs as-tu ? Nous sommes 6 : 2 frères et 4 sœurs, je suis l’aînée des filles et la deuxième de la fratrie. Ma toute dernière sœur a 14 ans, elle est au collège donc encore à la charge de mes parents. Ils habitent à la campagne et il n’y a pas vraiment de travail pour gagner de l’argent tous les mois. Donc, avec mon grand frère, nous nous occupons financièrement de nos petits frères et sœurs : on se répartie, mon grand frère paye pour mon deuxième frère et moi pour ma sœur !

 Eh bien c’est peut-être ça, finalement, ton super héros : super grande sœur ! (rires) Oui, peut-être, c’est vrai ! Je n’en ai pas trop conscience mais parfois mes petites sœurs me disent : « Pamella, qu’est-ce qu’on va faire si tu te maries un jour ? ». Et je leur réponds que je serai toujours, toujours là pour elles 😊.

Clé de compréhension #8 : Vie en rue et modification du rapport à l’autre

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La 2e stratégie de survie d’un enfant lorsqu’il arrive en rue est le regroupement.
Comme nous avons déjà vu dans la clef de compréhension n°3, la formation de ce groupe implique la définition du rôle de chacun dans le groupe (= une nouvelle identité) et la mise en place de lien d’exploitation en échange de la sécurité.

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